Institut Audiovisuel de Monaco

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29 Février 2024

Sous les figues d'Erige Sehiri (2022) // La Bande Annonce

Par sa liberté de ton, ce marivaudage, tourné dans les vergers de Tunisie, évoque le cinéma de Renoir comme celui de Kechiche. Générique : Taht el Karmouss - Tunisie, France, Suisse, Allemagne, Qatar, 2022, couleur, 92 min., vostf. Réalisation : Erige Sehiri. Scénario : Erige Sehiri, Ghalya Lacroix, Peggy Hamann. Image : Frida Marzouk. Montage : Ghalya Lacroix, Hafedh Laaridhi, Malek Kammoun. Costumes : Nabila Cherif. Son : Aymen Laabidi, Yazid Chabbi, Jean-Guy Véran. Musique originale : Amine Bouhafa. Production : Henia Production, Maneki Films, Akka Films, In Good Company. Avec : Ameni Fdhili (Sana), Fide Fdhili (Fidé), Feten Fdhili (Melek), Samar Sifi (Mariem), Leila Ouhebi (Leila), Hneya ben Elhedi Sbahi (Hneya), Gaith Mendassi (Gaith), Abdelhak Mrabti (Abdou), Fedi ben Achour (Saber), Firas Amri (Firas).

Présentation

En devenant “Institut Audiovisuel de Monaco”, les Archives audiovisuelles de la Principauté de Monaco ouvrent un nouveau chapitre de leur histoire, affirment la portée scientifique et historique de leur travail.

 

L’Institut à pour mission de collecter, de préserver, d’archiver et de mettre en valeur la mémoire audiovisuelle de Monaco. Les Collections, dons et dépôts, représentent aujourd’hui environ 45 000 documents : courts et longs métrages, fictions, documentaires, actualités, reportages, publicités, émissions radiophoniques, captations de spectacles, films de famille et d’amateurs.

Les dernières actus Institut Audiovisuel de Monaco

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20 Mai 2020

Teaser IAM – INA

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16 Mars 2020

Touki Bouki, de Djibril Diop Mambéty, mardi 24 mars à 20h, Théâtre des Variétés

Générique
Le Voyage de la hyène, Sénégal, 1972, couleurs, 85 min., vostf
Réalisation et scénario : Djibril Diop Mambéty. Image : Pap Samba Sow. Son : El Hadj M’Bow. Décors : Aziz Diop Mambéty. Costumes : Aziz Diop Mambéty. Production : Cinégrit. Avec : Al Demba (Magaye Niang), Dieynaba Dieng (Marème Niang), Assane Faye (Christopher Colomb), Robbie Lawson (Moustapha Toure), Magoné N’Diaye (Aminata Fall), Aliou N’Diaye (Ousseynou Diop), Apsa Niang (Fernand Dalfin), Colette Simon (Omar Seck).

Histoire
Anta, une jeune fille des quartiers pauvres de Dakar, s’est amourachée de Mory, un gardien de troupeau qui conduit une moto ornée d’un crâne de vache. Au sein d’une société cruelle prise entre tradition et modernité, tous deux forment un couple de marginaux. Ils s’inventent des histoires pour s’évader et, face à la mer, rêvent de prendre un bateau qui les mènera en France. En route, tous les moyens sont bons pour trouver les ressources nécessaires : jeux d’argent, vol ou escroquerie.

Critique
Sur cette trame scénarique quelque peu rouchienne, Djibril Diop a réalisé un film urbain, étonnant, sans descendance dans le cinéma africain qui, ces dernières années, a plutôt opéré un retour au village, sur l’action conjuguée de cinéastes à la recherche de leurs racines et de producteurs étatiques préférant les paisibles fictions rurales aux fictions urbaines qui sentent le soufre. (…) Touki Bouki a été présenté en 1973 à Cannes. Il a fallu treize ans pour qu’il sorte en salles. Il en a fallu le double pour découvrir Contes cruels de la jeunesse. Point commun entre ces deux films : ils nous arrivent tard, très tard alors qu’on semble avoir changé de socle. Ils forment comme la mauvaise conscience d’un cinéma aujourd’hui triomphalement post-moderne. Espérons qu’ils puissent l’empêcher de dormir tranquille.
Hervé Le Roux in Cahiers du cinéma n° 382, p. 61, avril 1986.

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26 Février 2020

Maine Océan, de Jacques Rozier, mardi 3 mars à 20h, Théâtre des Variétés

Générique
France, 1985, couleurs, 130 min.
Réalisation : Jacques Rozier. Scénario et dialogues : Jacques Rozier, Lydia Feld. Image : Acácio de Almeida. Son : Nicolas Lefebvre. Musique originale : Chico Buarque, Francis Hime, Anne Frédérick, Hubert Degex. Costumes : Sylvie Nabrin. Montage : Jacques Rozier, Martine Brun. Production : Les Films du Passage, French Line, Antinea, FR3 Cinéma. Avec : Bernard Menez (le contrôleur Le Garrec), Luis Rego (le contrôleur Lucien Pontoiseau), Yves Afonso (Marcel Petitgas), Rosa-Maria Gomes (Déjanira), Lydia Feld (l’avocate Mimi de Saint-Marc), Pedro Armendáriz Jr. (l’imprésario mexicain), Bernard Dumaine (le juge), Mike Marshall (l’avocat ‘‘au fond des bois’’), Jean-Jacques Jelot-Blanc (le reporter de Radio Phare-Ouest), Christian Bouillette (Vallet).

Histoire
Gare Montparnasse. Elle attrape de justesse son train. Puis elle s’installe, tranquille. Lorsque les contrôleurs passent, ils s’intéressent de près à son cas : elle n’a pas composté. Pour Le Garrec et Pontoiseau, les agents de la SNCF, la situation est claire. Pour Déjanira, elle ne l’est pas du tout : cette danseuse brésilienne ne parle pas un mot de français. Passe alors une avocate qui se propose de faire l’interprète. Les contrôleurs refusent. L’affaire s’envenime, puis finit par se calmer. Les deux femmes descendent du train, l’avocate entraînant avec elle Déjanira au tribunal de Baugé où elle va défendre Petitgas Marcel, un marin de l’Ile d’Yeu, qui a brutalisé un automobiliste après un incident de la circulation.

Critique
Le récit déconcerte agréablement par ses bifurcations soudaines, ses apparentes digressions, ses vagabondages assumés, son ignorance culottée et jamais dogmatique des lois de l’efficacité. On s’abandonne de bonne grâce à son rythme capricieux et fortuit, d’autant que Rozier éprouve un bonheur diablement communicatif à confronter des personnages venus d’horizons on ne peut plus disparates. Il les fait se heurter avec amour et humour, le regard qu’il leur porte étant, comme toujours dépourvu de toute sécheresse sociologique. Il y a chez lui un plaisir fervent à dépeindre des personnages en situation de vacance au sens littéral, un goût sincère et chaleureux de la rencontre, du métissage, de l’échange (…). Bref, on se laisse bercer au gré d’une narration insouciante, apparemment dénuée d’impératif, et d’une mise en scène toute à la jouissance du moment présent.
Jacques Valot in La Revue du cinéma n° 416, p. 60, mai 1986.

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12 Février 2020

La Ruée vers l'or, de Charles Chaplin (1925), mardi 25 février à 20h, Théâtre des Variétés

Générique
The Gold Rush, États-Unis, 1925, noir et blanc, 88 min., muet, vostf.
Réalisation et scénario : Charles Chaplin. Image : Roland Totheroh. Décors : Charles D. Hall. Montage : Charles Chaplin. Musique originale : Charles Chaplin. Chorégraphie : Charles Chaplin. Production : Charles Chaplin Productions. Avec : Charles Chaplin (le chercheur d’or solitaire), Mack Swain (Big Jim McKay), Tom Murray (Black Larsen), Henry Bergman (Hank Curtis), Malcolm Waite (Jack Cameron), Georgia Hale (Georgia), Albert Austin (un chercheur d’or).

Histoire
Charlot est venu se joindre à la foule des prospecteurs qui espèrent trouver la fortune en Alaska. Le hasard réunit dans la cabane de Black Larsen, recherché par la police, trois hommes plus ou moins endurcis : le propriétaire lui-même, Charlot, au terme d’une course épuisante au milieu d’une tempête, et Big Jim, un prospecteur qui vient de trouver un magnifique filon. Pour l’heure, le trio meurt de faim.

Critique
L’un des plus grands triomphes de Chaplin, à propos duquel tout non cinéphile évoque avec une tendresse un peu gâteuse, la fameuse danse des petits pains. J’avoue lui préférer Le Cirque ou City Lights, mais enfin ce film de plein air, de montagne et de glace, parfois rude comme un récit de Jack London, comporte aussi l’un des sommets du pathétique chaplinesque : le vagabond exclu de la fête, regarde du dehors, par la fenêtre du saloon où chante la femme qu’il aime, Georgia Hale. Chaplin parvient à faire rire non aux dépens de la pauvreté, mais à ses côtés : ce tour de force lui permet de réconcilier – le cas est unique dans l’histoire du cinéma – la sensibilité bourgeoise occidentale et les salles du tiers-monde à trois dirhams.
Jacques Fieschi in Cinématographe n° 95, p. 79, déc. 1983.

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5 Février 2020

Réminiscences d'un Voyage en Lituanie de Jonas Mékas, mardi 11 février 20h, Théâtre des Variétés

Générique
Reminiscences of a Journey to Lithuania, États-Unis, 1972, noir et blanc et couleurs, 82 min., vostf.
Réalisation, prise de son, montage et production : Jonas Mekas. Musique : Konstantinas Ciurlionis. Avec la participation de : Pola Chapelle, Ken Jacobs, Peter Kubelka, Adolfas Mekas, Hermann Nitsch.

Histoire
Vingt-sept ans après leur départ en exil, les frères Mekas, Jonas et Adolfas, reviennent dans leur maison natale en Lituanie, arpentent à nouveau les terres de leur enfance. Avec sa caméra, dans un geste frénétique comme pour combler une privation insatiable, Jonas capte les scènes de ces retrouvailles, s’abreuve de nature, de scènes de vie quotidienne, de rituels familiaux autour de la mère, au centre, filmée le plus discrètement possible pour ne pas chasser le naturel. Entourant cette longue partie, un rappel en images de ses premières années new-yorkaises au sein de la communauté lituanienne, et sur le chemin du retour, une halte à Hambourg puis à Vienne pour visiter ses amis artistes.

Critique
Lorsque débute la séquence la plus longue, sobrement intitulée 100 images de Lituanie, on retrouve le style si particulier de Mekas, ce filmage coup d’œil où la caméra saute d’un objet, d’un visage à l’autre par des mouvements secs, des zooms rapides, atteignant rarement la netteté. Ce procédé d’abord contraignant pour le spectateur devient une manière unique de saisir des instants a priori communs – retrouvailles, repas, promenades – et de donner corps à un travail de mémoire qui est la raison d’être du film. Mémoire des choses, des personnes, des lieux, des odeurs, des idées. Autant de fétiches, de figures rendues à leur beauté quasi primitive par le splendide commentaire en voix off de Mekas, qui évoque son rapport passé avec les endroits montrés à l’écran.
Olivier Joyard in Cahiers du cinéma n°512, p. 8, avril 1997.

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24 Janvier 2020

To Be Or Not To Be, d'Ernst Lubitsch (1942), mardi 4 février à 20h, Théâtre Princesse Grace

Générique
États-Unis, 1942, noir et blanc, 99 min., vostf
Réalisation : Ernst Lubitsch. Scénario : Edwin Justus Mayer d’après une histoire d’Ernst Lubitsch et Melchior Lengyel. Image : Rudolph Maté. Montage : Dorothy Spencer. Son : Frank Maher. Musique originale : Werner Heymann. Production : Ernst Lubitsch pour Romaine Film Corporation Avec : Jack Benny (Joseph Tura), Carole Lombard (Maria Tura), Robert Stack (lieutenant Stanislav Sobinski), Felix Bressart (Greenberg), Lionel Atwill (Rawitch), Stanley Ridges (professeur Alexandre Siletski), Sig Ruman (Ehrhardt), Tom Dugan (Bronski).

Histoire
Varsovie, août 1939. La pièce Gestapo, montée par la troupe de Joseph Tura, ayant été interdite, il ne lui reste plus qu’une possibilité : reprendre Hamlet de Shakespeare. Joseph Tura personnifie le roi du Danemark et sa femme Maria met à profit le fameux monologue ‘‘To be or not to be’’ pour recevoir la visite du jeune lieutenant Sobinski, qui est amoureux d’elle. Au lendemain de l’invasion de la Pologne, ce dernier devra déjouer les plans d’un espion nazi.

Critique
Avec ses héros, sa troupe de comédiens à Varsovie en 1939 et leur badinage amoureux sur fond de Shakespeare alors que l’Apocalypse va fondre sur la Pologne et le monde, Lubitsch a compris (…) que les nazis étaient aussi d’abjects cabots et que leurs mises en scène idéologiques ne valaient pas tripette. Et comment mieux le démontrer qu’en mystifiant ces pantins sanguinaires par des comédiens professionnels qui se déguisent en SS et tiennent leurs rôles avec autrement plus de force et de conviction ? La Lubitsch Touch, cette fois, se faisait politique. On ne cessera d’en rire de peur d’être obligé d’en pleurer.
Frédéric Vitoux in Téléobs, p. 34, du 18 septembre 1993.

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8 Janvier 2020

The World, de Jia Zhangke (2004), mardi 21 janvier à 20h, Théâtre des Variétés

Générique
Shije, Chine, Japon, France, 2004, couleurs, 133 min., vostf
Réalisation et scénario : Jia Zhangke. Image : Yu Lik-wai. Son : Zhang Yang. Musique originale : Lim Giong. Directeur artistique : Wu Lizhong. Montage : Kong Jing-lei. Production : Xstream Pictures (Pékin ; Hong Kong), Lumen Films (Paris), Office Kitano. Avec : Zhao Tao (Tao), Chen Taisheng (Taisheng), Jing Jue (Xiaowei), Jiang Zhong-wei (Niu), Huang Yiqun (Qun), Wang Hong-wei (Sanlai), Liang Jing-dong (l’ex petit ami de Tao), Xiang Wan (Youyou), Iu Juan (Yanqing).

Histoire
Tao travaille comme danseuse dans un gigantesque parc d’attractions situé dans une banlieue de Pékin, The World, qui reproduit en miniature et selon leur place géographique, les monuments les plus célèbres de notre planète. Ses journées s’organisent autour d’un programme serré de spectacles illustrant les coutumes locales des différents lieux, sur une scène ou dans des jardins, devant un public migrateur. Son petit ami travaille dans le même parc en tant qu’agent de sécurité. Quand il ne flirte pas avec la styliste, et quand leur emploi du temps le leur permet, le couple se retrouve entre deux déplacements, à la pause déjeuner, ou le soir dans une chambre miteuse, logement de fonction qui échoit aux salariés de ce domaine.

Critique
Quoi de moins ciné-génique, a priori, que la mondialisation ? Quoi de plus rétif à la représentation que ce processus caractérisé par sa puissance de désincarnation ? Pour figurer cet état diffus du monde, où le temps ne cesse de dévorer l’espace, le cinéma semble n’avoir d’autre choix que de recréer le monde. Playtime de Jacques Tati, n’était rien d’autre que cela : la réponse visionnaire d’un génie du cinéma construisant une ville pour dire l’état babélien du monde à venir : cacophonique, utilitariste, grotesque, inhumain. Un demi-siècle plus tard, Jia Zhangke reprend, dans The World, le pouls de la civilisation des loisirs. (…) Ce sont moins les touristes, toutefois, qui intéressent Jia Zhangke que les employés du parc, jeunes gens débarqués de leur campagne qui ont vu dans ce lieu un nouvel Eldorado. Leur quotidien, euphorique et misérable est filmé comme un grand ballet bariolé, mené par Tao, la danseuse interprétée par Zhao Tao, égérie du cinéaste depuis Platform.
Isabelle Regnier in Le Monde du 7 juin 2005, p. 26.

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18 Décembre 2019

"Notre Pain quotidien" de King Vidor (1934), mardi 7 janvier à 20h, Théâtre des Variétés, Monaco

Générique
Our Daily Bread, États-Unis, 1934, noir et blanc, 74 min., vostf
Réalisation : King Vidor. Scénario : Elizabeth Hill, d’après un sujet de King Vidor. Dialogues : Joseph Mankiewicz. Image : Robert Planck. Musique originale : Alfred Newman. Montage : Lloyd Nosler. Production : King Vidor. Avec : Karen Morley (Mary Sims), Tom Keene (John Sims), John Qualen (Chris), Barbara Pepper (Sally), Addison Richards (Louie), Lloyd Ingraham (l’oncle Anthony), Henry Hall (le charpentier), Nellie V. Nichols (l’épouse juive), Frank Minor (le plombier), Bud Rae (le maçon).

Histoire
Un jeune ménage sans ressources exploite une ferme abandonnée avec l’aide de chômeurs, eux aussi à la recherche du pain quotidien. Ils forment une communauté où chacun apporte son travail et ses connaissances. Le menuisier, le maçon, le plombier voisinent avec le professeur de violon, voire le croque-mort. Une colonie se crée, on édifie un village, la terre est mise en culture et les premières pousses de maïs apparaissent. Mais la ferme est mise en vente. Les pionniers, tous ensemble, arrivent à l’acheter. Cependant, les fonds viennent à manquer, le découragement arrive, causé surtout par une grande sécheresse qui menace de ruiner l’effort de tant de mois.

Critique
Apologie du retour à la terre ? Ou de quelque socialisme vaguement autarcique ? Rien de tout cela : Vidor chante le travail collectif et les nourritures terrestres avec un lyrisme exaltant. À la pureté quasi virgilienne de La Terre, il oppose le mouvement, la fougue d’une épopée. La grandeur simple des choses, la noblesse des travaux champêtres – et jusqu’à la germination qui prend figure ici d’une naissance universelle – tout acquiert la valeur du sacré. Moins connu que Hallelujah, ce film le dépasse par son unité, sa construction, son rythme large et puissant. Le final est un des sommets du cinéma.
Jean Mitry in Dictionnaire du cinéma, p. 194, Librairie Larousse, 1963.

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5 Décembre 2019

"La Panthère Rose" de Blake Edwards (1962), mardi 17 décembre à 20h, Théâtre des Variétés, Monaco

Générique
The Pink Panther, Etats-Unis, 1962, couleurs, 113 min., vostf
Réalisation : Blake Edwards. Scénario : Blake Edwards, Maurice Richlin. Image : Philip H. Lathrop. Son : Alexander Fisher. Musique originale : Henry Mancini. Chorégraphie : Hermes Pan. Direction artistique : Fernando Carrere. Décors : Reginald Allen, Jack Stevens, Arrigo Breschi. Costumes : Yves Saint-Laurent pour Claudia Cardinale et Capucine, William Theiss, Annalisa Rocca. Montage : Ralph E. Winters. Production : The Mirisch Corporation, United Artists. Avec : David Niven (Sir Charles Lytton), Peter Sellers (l’inspecteur Jacques Clouseau), Robert Wagner (George Litton), Capucine (Simone Clouseau), Brenda De Banzie (Angela Dunning), Colin Gordon (Tucker), John Le Mesurier (l’avocat de la défense), James Lanphier (Saloud), Guy Thomajan (Artoff), Michael Trubshawe (Felix Townes).

Histoire
La police est en alerte, cherchant à percer l’identité d’un audacieux voleur de bijoux qui opère impunément avec une complice au cours des soirées mondaines. C’est l’inspecteur Clouseau qui est chargé de cette délicate enquête. Toujours à la poursuite du cambrioleur fantôme, il se rend en Italie accompagné de sa femme, Simone, ravissante personne qui est pleine d’une indulgence amusée pour ses bévues et maladresses. A Cortina d’Ampezzo où la saison bat son plein, la vedette du moment est une belle princesse indienne, propriétaire d’un inestimable diamant appelé la Panthère Rose.

Critique
Nous savions depuis Mister Cory que Blake Edwards était à l’aise chez les snobs américains : il ne l’est pas moins en Europe. Embrassant toutes les ressources du comique, le jongleur démontre qu’on peut retrouver ensemble les deux formes de l’allégresse : celle qui s’exprime par des éclats de rires ininterrompus et celle qui naît d’une élégance à la fois soutenue et un peu folle. Toutes les ressources du comique : oui, mais dominées par un metteur en scène dont la simplicité élaborée et efficace touche au prodige.
Gérard Legrand in Positif n° 60, p. 86, mars 1964.

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5 Décembre 2019

"Le Bal" d'Ettore Scola (1983), dimanche 15 décembre à 11h, Grimaldi Forum Monaco

Générique
France, Italie, Algérie, 1983, couleurs, 112 min.
Réalisation : Ettore Scola. Scénario : Ettore Scola, Agenore Incrocci et Furio Scarpelli, Jean-Claude Penchenat, Ruggero Maccari. Image : Ricardo Aronovich. Son : Bruno Le Jean, Corrado Volpicelli. Musique originale : Vladimir Cosma. Chorégraphie : Jacques Bense. Décors : Luciano Ricceri. Costumes : Ezio Altieri, Françoise Tournafond. Montage : Raimondo Crociani. Production : Massfilm (Roma), Office National Commerce Industrie Cinéma (Alger), Antenne 2, Cinéproductions. Avec : Marc Berman (le collabo, le rocker, l’individu aux bonbons), Jean-Claude Penchenat (l’homme au nœud papillon, l’émule de Fred Astaire), Régis Bouquet (le costaud aux cacahuètes, l’ex-para), Jean-François Perrier (le grand timide à la raie au milieu), Geneviève Rey-Penchenat (la dame en tailleur noir et lunettes), Monica Scattini (la jeune fillle myope), Chantal Capron (l’émule de Ginger Rogers, la blonde oxygénée), Michel Van Speybroeck (le faux Jean Gabin), Aziz Arbia (l’Algérien).

Histoire
Lentement, les femmes d’abord, l’une après l’autre, puis les hommes tous ensemble, entrent dans la salle de bal. La musique joue et le temps se met à passer. Le Front populaire, la guerre et l’Occupation, la Libération mais aussi l’invasion du made in USA, la guerre d’Algérie et les sixties, la révolution de Mai jusqu’à aujourd’hui. Au fil des ans et au fil des musiques, les couples se font et se défont. L’Histoire, elle, se fait.

Critique
Le Bal fut un succès au théâtre, qui consacra le travail entrepris par la troupe du Campagnol. On peut juger indépendamment le film puisque ses créateurs ont retravaillé leur scénario initial avec Scola. Le projet reste sans doute le même : l’histoire collective doit s’y retrouver à travers celle des corps, des rythmes et des figures imposées. (…) La réussite du film est là, dans ce catalogue un peu dérisoire d’une mécanique qui demeure quand les rythmes ont changé. La vérité de la danse est dans l’unisson des pas : même la solitude des danseurs de disco (où Scola voit une rupture essentielle dans l’histoire de la danse) ne constitue sur ce plan-là aucune révolution, quand tout, dès les premières mesures, dit l’impossibilité d’une rencontre, la solitude essentielle du danseur.
Alain Ménil in Cinématographe n° 96, p. 52,janvier 1984.

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27 Novembre 2019

"Transit" de Christian Petzold (2018), mardi 3 décembre à 20h, Théâtre des Variétés

Allemagne, France, 2018, couleurs, 100 min.
Réalisation et scénario : Christian Petzold, d’après le roman homonyme Transit d’Anna Seghers. Image : Hans Fromm. Montage : Bettina Böhler. Décors : K.D. Gruber. Costumes : Katharina Ost. Musique originale : Stefan Will. Son : Dominik Schleier, Christian Conrad. Production : Schramm Film Koerner & Weber, Néon productions, ZDF, Arte, Arte France Cinéma. Avec : Franz Rogowski (Georg), Paula Beer (Marie), Godehard Giese (Richard), Lilien Batman (Driss), Maryam Zaree (Melissa), Barbara Auer (femme aux deux chiens), Matthias Brandt (barman du Mont Ventoux), Sebastian Hülk (Paul), Emilie de Preissac (propriétaire Hôtel de Paris), Antoine Oppenheim (George Binnet).

Histoire
De nos jours, à Marseille, des réfugiés fuyant les forces d’occupation fascistes rêvent d’embarquer pour l’Amérique. Parmi eux, l’Allemand Georg prend l’identité de l’écrivain Weidel, qui s’est suicidé pour échapper à ses persécuteurs. Il profite de son visa pour tenter de rejoindre le Mexique. Tout change lorsque Georg tombe amoureux de la mystérieuse Marie, en quête désespérée de l’homme qu’elle aime, et sans lequel elle ne partira pas.

Critique
Pour dresser le portrait de ces fantômes de l’histoire qui hantent notre actualité, Transit s’est construit dans les rues de Marseille, avec ses paysages urbains contrastés et ses habitants venus des quatre coins du globe. Inspiré par son histoire portuaire et ses flux de population, le film restitue toute la complexité de la ville et des différentes strates historiques qui composent son identité. Cette inscription se voit à l’image. Débarrassée de ses clichés, Marseille se laisse filmer sans jamais se retrancher derrière son folklore. La modeste Babel s’offre au cinéaste dans ce qu’elle a de plus solaire et de plus rude. Sans surenchère ni fausse pudeur. Et c’est l’une des plus grandes réussites de cette œuvre brillante et dérangeante.
Vincent Thabourey in Positif n° 687, p. 34, mai 2018.

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13 Novembre 2019

"Stalker" d'Andreï Tarkovski (1978), mardi 26 novembre à 20h, Théâtre des Variétés

URSS, 1978, Couleurs, 161 min., vostf
Réalisation : Andreï Tarkovski. Scénario : Boris Strougatski, Arkady Strougatski d’après leur roman Pique-nique au bord du chemin. Image : Alexandre Kniajinski. Son : Vladlen Sharun. Musique originale : Edouard Artemiev. Direction artistique : Andreï Tarkovski. Décors : A. Merkoulov, Rashit Safiullin. Costumes : Nelli Fomina. Montage : Lyudmila Feyganova. Production : Mosfilm (Moscou). Avec : Alexandre Kaïdanovski (Stalker), Anatoli Solonitsyne (l’écrivain), Nikolaï Grinko (le physicien ou le professeur), Alissa Freindlich (la femme du Stalker).

Histoire
Est-elle due à une météorite ? Est-elle due à un « accident » scientifique ? À une action d’extraterrestres ? Nul ne le sait. Toujours est-il que la Zone existe. Fermée, cernée, gardée. Militairement. Férocement. Lorsque le Stalker se lève ce matin-là, quittant sa femme qui supporte cette situation toujours aussi mal, c’est comme d’habitude, pour conduire quelques voyageurs à travers la Zone, jusqu’à la chambre dont on parle tant, celle où tous les désirs sont exaucés.

Critique
On ne manquera pas d’interpréter cette Zone, qui est évidemment comme le château de Kafka, à la fois un lieu réel et une idée, un territoire et un mot. La force du film, je la verrais plutôt dans sa littéralité, dans le trajet patient de ces hommes qui, c’est clair, portent sur eux, avec eux, toute la fatigue de ce rêve soviétique devenu un cauchemar dont on ne se réveille pas. Il n’y aura peut-être jamais de film sur le Goulag, j’entends de film soviétique, mais le stalker et ses compagnons nous viennent déjà de là, de ce lieu infigurable, et de ce mot radié du dictionnaire.
Serge Daney in Cahiers du cinéma n° 315, p. 35, septembre 1980.

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